jeudi, avril 13, 2006

King Lear 2




Afin de compléter le message sur mon projet du Roi Lear, voici quelques photos de la maquette que j'avais bricolée. Comme un vieux navire, elle a pas mal bourlinguée c'est pourquoi elle n'est pas dans un état royal. Il faut dire que sa taille en impose: 31cm par 40cm.
Voyez que je ne fais pas les choses à moitié.

Je ne peux m'empêcher de vous faire lire un petit extrait du texte de Shakespeare, pris dans la fureur tempêtueuse de l'acte 3, scène 2. Une scène où la colère du pauvre roi, dépossédé de tout, trouve échos dans les éléments déchainés.

SCÈNE II

Une bruyère.

Il fait nuit. La tempête continue. Entrent LEAR et Le Fou.

LEAR. — Vents, soufflez à crever vos joues! faites rage! soufflez! Cataractes et ouragans, dégorgez-vous jusqu'à ce que vous ayez submergé nos clochers et noyé leurs coqs! Vous, éclairs sulfureux, actifs comme l'idée, avant-coureurs de la foudre qui fend les chênes, venez roussir ma tête blanche! Et toi, tonnerre exterminateur, écrase le globe massif du monde, brise les moules de la nature et détruis en un instant tous les germes qui font l'ingrate humanité.

Le Fou. — O m'n oncle, de l'eau bénite de cour dans une maison bien sèche vaudrait mieux que cette pluie en plein air. Rentre, bon oncle, et demande la charité à tes filles. Voilà une nuit qui n'épargne ni sages ni fous. (Coups de foudre.)

LEAR, les yeux au ciel. — Gronde de toutes tes entrailles!... Crache, flamme; jaillis, pluie! Pluie, vent, foudre, flamme, vous n'êtes point mes filles: ô vous, éléments, je ne vous taxe pas d'ingratitude! jamais je ne vous ai donné de royaume, je ne vous ai appelés mes enfants! vous ne me devez pas obéissance! laissez donc tomber sur moi l'horreur à plaisir: me voici votre souffre-douleur, pauvre vieillard infirme, débile et méprisé... Mais non... je vous déclare serviles ministres, vous qui, ligués avec deux filles perfides, lancez les légions d'en haut contre une tête si vieille et si blanche! Oh! oh! c'est affreux.

Le Fou. — Quiconque a une maison où fourrer sa tête a un bon couvre-chef. (Il chante.)

Celui qui met sa braguette en lieu sûr
Avant d'y mettre sa tête,
Attrapera vite les poux .
Qu'épouse le mendian.
L'homme qui fait pour son orteil
Ce qu'il devrait faire pour son cœur,
Se plaindra vite d'un cor
Et changera son sommeil en veille.

Car il n'y a jamais eu de jolie femme qui n'ait fait des mines devant un miroir.

2 commentaires:

yannick a dit…

Bravo pour le blog et le site, j'adore vos couleurs! Dommage pour ce projet, ça avait de la gueule et de l'ambiance...
Bonne continuation

france RENARD a dit…

bravo encore et encore!!On n'a qu'une occasion de faire une bonne première impression. C'est gagné pour toi à mes yeux.